Ma Semaine Twitter 43 de 2021 | Philippe Maupas, CFA

On se lève tous pour les thématiques ! On se lève tous pour l’ESG !

Aux Etats-Unis, le canon à spaghetti des émetteurs d’ETF fait pleuvoir des produits thématiques indiciels sur des investisseurs très réceptifs.

Comme il s’agit de produits à durée de vie assez courte, les grands acteurs ne prennent pas de risque de réputation et se tiennent à l’écart, laissant le champ libre à des sociétés très agiles, capables de passer rapidement d’une mode à l’autre. 

La semaine dernière a été riche en lancements. 

ProShares, un des gros parmi les moyens, a lancé 3 ETF indiciels sur des thèmes forcément inspirants, forcément d’avenir : les services à la demande, les nanotechnologies, les matériaux verts. Pour des frais de 0,58%, qui sont dans la fourchette haute du marché des ETF indiciels aux Etats-Unis.

On vient même de loin pour lancer des ETF thématiques : de Corée du Sud pour Fount, un opérateur de roboadvisor dans son pays qui vient lancer aux Etats-Unis 2 ETF indiciels facturés 0,70% (c’est très, très cher) sur des thèmes forcément inspirants, forcément d’avenir : le metaverse et l’économie de l’abonnement.

Les argumentaires sont imparables : investissez aujourd’hui dans les gagnants de demain, exposez-vous à une tendance durable. Et le message implicite, renforcé par des backtests imparables, c’est que « ça » va monter.

Le très oublié Constantin Guys (1802-1892) était selon Baudelaire « le peintre de la vie moderne ».

Vanity Fair – The Phillips Collection – Washington DC

Etienne Dorsay est l’anthropologue de cette même vie moderne, 150 ans plus tard.

C’est aussi un bon observateur de l’actualité.

Sur Baudelaire, on pourra lire Crénom, Baudelaire ! de Jean Teulé, que j’ai fini de lire la semaine dernière. Ca change des biographiques traditionnelles.

Et de Baudelaire lui-même, les Oeuvres Complètes en 2 volumes dans La Bibliothèque de la Pléiade.

La Pléiade a été fondée par Jacques Schiffrin (1892-1950) en 1931. Amos Reichman vient d’écrire une biographie de ce grand éditeur, Jacques Schiffrin. Un éditeur en exil, avec une préface de Robert Paxton.

La Pléiade fut intégrée aux éditions Gallimard en 1933. Gaston Gallimard (1881-1975) licencia — honte à lui pour l’éternité — Jacques Schiffrin en novembre 1940, suite à la promulgation de la loi du 3 octobre 1940 sur le statut des Juifs par le régime de Vichy.

La biographie de référence du fondateur des éditions Gallimard est celle de Pierre Assouline, Gaston Gallimard. Un demi-siècle d’édition française.

En Pléiade vient de paraître L’Espèce humaine et autres écrits des camps, avec des oeuvres de David Rousset, François Le Lionnais, Robert Antelme, Jean Cayrol, Elie Wiesel, Piotr Rawicz, Charlotte Delbo et Jorge Semprun.

Retour à Baudelaire : ma femme et moi sommes allés au Musée Carnavalet la semaine dernière. Rénovation complète, nouvelle scénographie, c’est une merveille.

On peut y voir la canne de Baudelaire.

Mais aussi la reconstitution de la chambre de Marcel Proust et la sublime bijouterie Fouquet qui se trouvait au 6 rue Royale. La devanture et l’intérieur furent réalisés en 1901 par Alfons Mucha dans le style Art Nouveau.

Ce dernier passé de mode, la boutique fut démontée en 1923, les éléments conservés dans un entrepôt. Georges Fouquet en fit don au musée Carnavalet en 1941.

Bienvenue dans ma semaine Twitter 43 de 2021.

Livret aux hormones

Ah, j’aimais bien Jean Poiret. Il est grandiose dans Poulet au vinaigre de Claude Chabrol.

Poulet au vinaigre ? Cela me fait penser au poulet aux hormones de Jean Ferrat (1930-2010, dans Que la montagne est belle.

Le poulet, nourri donc aux hormones, grandit plus vite que son homologue nourri aux grains.

L’esprit de l’escalier a frappé : poulet aux hormones ? Va pour le livret aux hormones.

Ce livret, c’est celui de Coinhouse, un des rares PSAN en France. Les hormones, ce sont les crypto. Le livret aux hormones pousse plus vite que les livrets ayant une alimentation naturelle.

PSAN ? Prestataire de services sur actifs numériques. Un statut créé par la loi PACTE, qui requière un enregistrement auprès de l’AMF.

Notre PSAN Coinhouse lance donc son livret crypto . Et comme les crypto, c’est magique, ce livret vous propose 5%. Par an.

Bon, ce taux s’applique pendant 13 semaines, après, il est révisable.

Mais quand même, 5%, c’est bon à prendre quand les livrets réglementés (le A et le DD) servent royalement du 0,5% par an. Net d’impôt. Tiens, Coinhouse a oublié de préciser dans sa communication quel était l’impact de la fiscalité sur le taux annoncé de 5%.

Voilà comment ça marche : si tu veux manger du livret aux hormones, tu déposes au minimum l’équivalent de 50000 dollars en euros sur ton compte chez Coinhouse, qui convertit les euros en dollars (pas de précision sur le site sur le taux de change appliqué).

Mais comment peut-on servir du 5% à l’ère des taux (encore) presque nuls ? C’est très simple : il suffit d’identifier les bons supports. Mais c’est bien sûr, comment n’y avais-je pas pensé plus tôt ?

Une fois les bons supports identifiés, Coinhouse répartit vos fonds pour diversifier. Puis, tous les mois, Coinhouse effectue des arbitrages.

Donc, vous l’avez compris, il ne s’agit pas d’un livret au sens du livret A ou du livret de développement durable. Vous déléguez à Coinhouse la gestion en signant un mandat de gestion.

Ah, j’oubliais : ce mandat s’articule autour de Tether, l’un des plus importants stablecoins du marché.

La société derrière le stablecoin a des ennuis avec la justice aux Etats-Unis. Ca avait commencé à New York en début d’année.

Ca continue au niveau fédéral avec la récente amende de 41 millions de $ infligée par la CFTC.

Pour Romain Saguy de Coinhouse, interrogé par Marie-Eve Frenay des Echos, c’est presque une bonne nouvelle :

Le seul fait que Tether ait été mis à l’amende est un signe positif. Cela veut dire qu’ils ont soldé leur contentieux.

C’est chouette, non ?

Zeke Faux de Bloomberg a écrit un papier passionnant sur Tether et ses mystérieux milliards de dollars manquants. 

Et dans un article de Ben McKenzie et Jacob Silverman de Slate, on en apprend plus sur le pedigree du directeur juridique de Tether : Stuart Hoegner fut en 2006 deputy general counsel et directeur de la conformité d’Excapsa, une holding détenant un site de poker en ligne —Ultimate Bet — ayant arnaqué de nombreux utilisateurs en permettant à des joueurs soigneusement sélectionnés de voir le jeu de leurs adversaires.

Rassurant, non ?

Bon, oublions les amendes payées par Tether, revenons à Coinhouse. La société a beau être un PSAN, quelle garantie y a-t-il pour un client de récupérer ses billes, intérêt et principal ?

Interrogé par Marie-Eve Frenay, Romain Saguy de Coinhouse dit ne garantir que les intérêts, pas le principal. Ben oui, en cas de fraude sur un des exchanges utilisés par Coinhouse, faut pas compter sur une garantie ou un mécanisme d’assurance.

Je me suis donc intéressé à la solidité financière de Coinhouse et j’ai commencé par le capital social : 10 000 euros. On ne va pas loin avec cela.

Alors que je me suis intéressé aux comptes de Coinhouse, pour voir si le bilan de la société était suffisamment solide.

Nouvelle déconvenue : Coinhouse n’a pas déposé ses comptes depuis 4 ans.

Sérieux ?

J’ai failli avoir une crise d’apoplexie en voyant un faux indicateur synthétique risque rendement (SRRI dans le jargon, synthetic risk reward indicator) dans la documentation commerciale de ce « livret ».

Cet indicateur, qui s’applique aux fonds en Europe, va de 1 (le moins risqué) à 7 (le plus risqué).

Coinhouse a concocté un indicateur maison, sur le modèle du SRRI, en précisant bien qu’il ne s’agit pas d’un SRRI mais d’un indicateur propriétaire.

Le « livret » a un indicateur de 3. C’est peu élevé. C’est rassurant.

Ce vrai-faux SRRI a nécessairement été soumis à et approuvé par l’AMF.

Je ne sais pas comment une telle abomination a pu ne pas être retoquée.

Après une courte réflexion d’un milliardième de seconde, je suis arrivé à la conclusion que ce livret n’était pas pour moi.

Influenceurs

Une des innovations technologiques majeures du 21è siècle, ce sont les influenceurs. Des individus payés par des marques pour promouvoir leurs produits et leurs services sur les réseaux sociaux.

L’influenceur se délocalise souvent à Dubaï, lieu connu pour sa tolérance (relative), ses températures élevés, sa climatisation et sa fiscalité clémente.

En France, le monde des produits de placement n’a pas encore embrassé cette innovation majeure, et c’est tant mieux.

Récemment, deux régulateurs ont rappelé la règle du jeu.

Le méta-régulateur au niveau européen, l’ESMA, a rappelé qu’il n’était pas nécessaire d’être un professionnel de l’investissement pour être considéré comme un expert sur les réseaux sociaux.

 

L’ESMA rappelle les règles quand on émet une recommandation d’investissement (c’est moi qui souligne en italique).

Les recommandations d’investissement doivent être formulées de manière particulière et transparente afin que les investisseurs, avant de prendre une décision d’investissement, puissent connaître et évaluer :
1) la crédibilité et le degré d’objectivité de la recommandation ; et 2) les éventuels intérêts de ceux formulant ces recommandations.

Certains non professionnels peuvent être considérés comme des experts. Dans ce cas, leurs obligations en matière de transparence sont semblables à celles des professionnels.

Quant au régulateur national, l’AMF, il a appuyé le message de l’ESMA.

Que dit l’AMF (c’est moi qui souligne en italique) ?

Face à la recrudescence des recommandations d’investissement ou recommandations de sites de trading par des influenceurs sur les réseaux sociaux , la Direction des relations avec les épargnants et de leur protection (Drep) de l’AMF appelle à la vigilance : il convient de s’interroger sur les compétences en finance de ces personnes se présentant comme des experts, la sincérité et la nature désintéressée de ces prescriptions, dont le caractère rémunéré n’est pas toujours indiqué clairement.

Ce qui ne manque pas de rappeler le célèbre « conseil » prodigué par Nabila Benattia-Vergara sur son compte Snapchat en janvier 2018. 

C’est un peu la nouvelle monnaie genre la monnaie du futur et donc en fait je trouve que c’est assez bien.

L’influenceuse était en réalité en service commandé (et rémunéré) pour promouvoir le site TraderLeBitcoin, qui fournit des services de formation, et d’inénarrables « plans » (à savoir les points d’entrée et de sortie de ses propres trades sur le bitcoin).

La justice avait suivi son cours (lent mais inexorable) et Nabilla Benattia-Vergara avait payé une amende de 20 000 euros pour pratiques commerciales trompeuses.

Les « experts » sont prévenus, les régulateurs les surveillent, évidemment avec des algorithmes d’intelligence artificielle.

[L]’AMF rappelle que sa plateforme de surveillance des marchés, ICY, basée sur des algorithmes d’intelligence artificielle, permet d’intégrer et croiser toute sorte de données, y compris celles provenant de forums ou réseaux sociaux, en cas d’anomalies de marché. 

Le déluge ESG

La COP26 vient de commencer, ça tire de tous les côtés au canon ESG.

Forcément, on est à la « croisée des chemins », c’est maintenant ou jamais, il n’y a pas de planète B, etc.

Même Boris Johnson a essayé de se hisser à la hauteur des enjeux en disant qu’il était minuit moins une (“one minute to midnight”). Il est à peu près aussi crédible que feu Jacques Chirac et la maison commune qui brûle. 

J’ai fait une sélection totalement arbitraire de quelques événements récents, attestant de ce déluge.

J’ai tout d’abord regardé un remarquable documentaire de Mads Ellesoe sur le lobby climatosceptique diffusé sur Arte

Parmi les méchants, les dirigeants des compagnies pétrolières, on voit surtout l’ex PDG d’ExxonMobil, Lee R. Raymond.

On a récemment appris que Total avait fait comme tous ses pairs, à savoir sciemment fabriqué le doute, et ce depuis les années 1970.

Pétroliers de tous les pays, unissez-vous dans la scélératesse.

Les émetteurs d’ETF continuent de lancer des produits ESG. Je suis à peu près certain qu’Invesco va rencontrer un gros succès avec son produit répliquant pour 0,25% de frais la version ESG de l’indice Nasdaq-100.

Comme de bien entendu, les données ESG de cet indice sont fournies par MSCI.

Lequel MSCI enrichit en permanence son offre de nouvelles métriques ESG et lance sur son site public un moteur de recherche qui prend la température.

Et à la fin, c’est MSCI qui gagne.

Ah, concluons sur une statistique désespérante : moins de 0,5% des 7000 milliards de dollars d’actifs gérés dans le monde sont alignés avec les objectifs de Paris.

C’est Carbon Disclosure Project qui le dit.

Une petite page de publicité : j’animerai le 24 novembre prochain une table-ronde organisée par Gestion 21, une société de gestion entrepreneuriale spécialiste des actions françaises et des foncières cotées.

Le thème ? Sortir du brouillard de l’ESG.

Y participeront Sylvie Malécot, consultante et actuaire présidente de Millenium et membre du comité du label ISR, Lucie Pinson, fondatrice et directrice générale de Reclaim Finance, une ONG qui a pour objectif de mettre la finance au service du climat, et Daniel Tondu, président de Gestion 21.

Cette table-ronde, qui commencera à 9 heures le 24 novembre, se tiendra à la fois en présentiel au Grand Hôtel Intercontinental à Paris, et sous format webinaire.

Robinhood

Je m’intéresse généralement de très loin aux résultats des sociétés. Pour Robinhood, entré en bourse , j’ai fait une exception, car  cette société est pour moi un bon thermomètre de la finance -2.0.

Les résultats ne sont pas bons par rapport à ceux du trimestre précédent.

  • Le chiffre d’affaires a baissé de près de 30%.
  • Le chiffre d’affaires lié aux crypto a baissé.
  • Le chiffre d’affaires moyen par utilisateur (ARPU) a diminué de 36% par rapport au T3 2020, à 65 $.
  • La croissance du nombre de comptes sur lesquels de l’argent a effectivement été déposé a fortement diminué et le nombre total d’utilisateurs mensuels actifs a baissé.
  • Perte trimestrielle : 1,32 milliard de $ (contre 11 millions au T3 2020).

Le chiffre d’affaires lié aux transactions reste dominé par les options. Au petit jeu des options, ce sont rarement les investisseurs/spéculateurs qui gagnent. 

Mais Robinhood gagne à tous les coups grâce au payment for order flow, particulièrement élevé dans le cas des options.

Robinhood prospère dans le chaos, la volatilité et grâce aux meme stocks. Quand ces derniers ont du plomb dans l’aile, Robinhood éternue. Si le courtier a 22,4 millions de comptes sur lesquels de l’argent a été déposé, l’encours moyen par compte n’est que de 4200 $. C’est très peu.

L’entrée en bourse de $HOOD s’est faite au meilleur moment possible pour les actionnaires historiques.

Au crédit de Robinhood, le contenu éducatif est de grande qualité. La lettre d’information Snacks a eu 23,3 millions de lecteurs uniques au T3 et les podcasts ont été téléchargés 10,8 millions de fois.

Des nouvelles du #H2Ogate

Reposant sur les 3 piliers de la performance, la liquidité et la transparence, H2O AM est surtout un modèle d’opacité depuis le début du H2Ogate.

Le généralissime de la grande muette, Bruno Crastes, s’est finalement résolu à parler à Amélie Laurin des Echos

En juin 2019, il s’était déjà entretenu avec Sophie Rolland et Bastien Bouchaud des Echos. Le 98% n’a pas bien vieilli. Espérons que l’entretien du 26 octobre vieillira moins mal.

J’ouvre une parenthèse cinématographique. J’ai revu la semaine dernière Vera Cruz de Robert Aldrich, avec Gary Cooper et Burt Lancaster. 

J’aime beaucoup Burt Lancaster, surtout quand il vieillit. Au début de son carrière, je trouve qu’il abusait de son sourire Ultra Brite.

Vous ne trouvez pas qu’il y a un petit air de ressemblance ? Je referme la parenthèse.

Pas grand chose à se mettre sous la dent dans l’entretien, qui ressemble plus à une opération de relations publiques qu’à un retour de la transparence. 

Sur les side-pockets :

Il est dans l’intérêt de nos clients que nous liquidions ces actifs cantonnés le mieux possible, donc de manière ultra-confidentielle. Je ne peux pas en parler. En tout cas, l’impact des ‘side pockets’ sur nos performances est modéré.

Sur la décollecte (c’est moi qui souligne en italique) :

Nous sommes en décollecte nette d’environ 3 milliards d’euros cette année mais nos grands clients institutionnels ont plutôt réinvesti. Ceux qui possèdent le capital comme les fonds souverains et les fonds de pension sont soucieux de l’appréciation de leur investissement, et moins sensibles au bruit. Auprès des intermédiaires [assureurs-vie… NDLR], nous enregistrons des sorties nettes de capitaux, mais nous souhaitons rapidement retrouver la capacité d’être référencés.

Ah, les institutionnels moins sensibles au bruit que les autres investisseurs. Les chiens aboient, la caravane passe.

On verra qui osera rouvrir les vannes des fonds H2O en assurance vie. Pas Suravenir (Crédit Mutuel de Bretagne) en tout cas.

Sur la politique de risque (c’est moi qui souligne en italique) :

[C]haque crise nous a fait progresser. Celle de 2008 avait porté un coup à nos fonds VaR, à l’époque où j’étais au Crédit Agricole. Depuis, nous nous référions à des stress tests, mais ils ne nous contraignaient pas. Notre gestion du risque était fondée sur l’idée que nous n’allions pas revivre un tel épisode de notre vivant, compte tenu des liquidités déversées par les banques centrales. Or, la crise du Covid a été quatre fois plus rapide, ce qui a limité notre capacité d’ajustement. On ne peut plus se fier à notre instinct.

Sur l’achat de protections :

Nous achetons aussi des protections asymétriques très lointaines en termes de prix, sur les taux américains ou sur certaines parités de change. Ceci augmente le niveau de levier de nos portefeuilles mais ils sont mieux protégés.

Je résume (c’est moi qui souligne en italique) :

– Grand-mère, pourquoi as-tu de si grandes dents ?

– C’est pour mieux te manger mon enfant.

 

– H2O, pourquoi as-tu un levier maximum aussi élevé ?

– C’est pour mieux protéger ton portefeuille.

H2O AM a en effet quelque peu augmenté le niveau de l’effet de levier indicatif moyen dans certains de ses fonds.

Depuis la scission des 7 fonds sinistrés de H2O AM, il est très difficile de reconstituer la performance des « vieux » fonds d’avant la scission.

Je me livre à l’exercice en calculant une valeur liquidative reconstituée, égale à la somme de la valeur liquidative des « nouveaux » fonds liquides (FCP à la fin du nom) et de la valeur liquidative mensuelle estimative des side-pockets.

Cette valeur liquidative reconstituée est une fiction, car aucune transaction n’est possible sur les side-pockets.

Mais elle permet de voir où en sont les porteurs de parts. Notamment par rapport au plus-haut historique atteint par les « vieux » fonds avant qu’ils ne heurtent des icebergs et fassent naufrage en février et mars 2020.

Autre limite de l’exercice : rien ne dit que les porteurs de parts récupèreront l’équivalent de la dernière valeur liquidative estimative des side-pockets. On ne le saura que quand toutes les participations illiquides auront été revendues au seul acheteur, Tennor, la holding de Lars Windhorst.

Ou plus exactement au fur et à mesure du remboursement par Tennor de la « first super senior secured note » (FSSSN) émise par Tennor, portant intérêt au taux annuel de 4,5% et prévoyant la possibilité de remboursements intermédiaires. Je rappelle (j’en avais parlé ici) que le remboursement total est prévu début 2022.

Voilà où on en est au 28 octobre 2021 (date de la VL des fonds liquides dont le nom se termine par « FCP », la dernière valeur liquidative mensuelle estimative des side-pockets étant en date du 31 août, H2O AM ayant décidé de ne plus la mettre à jour “dans l’intérêt des porteurs de parts”, bien entendu).

Seul Adagio est tout juste dans le vert.

En matière de décollecte, voilà où on en est.

En matière de performance, voilà où on en est.

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C’était ma semaine Twitter 43 de 2021. Sayōnara. さようなら.

Illustration : Skyline at dawn par Jan Michael Pfeiffer CC BY-SA 2.0

Author: wpadmin

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